Introduction : De la Pixelisation à l'Artisanat – Mon Voyage vers les procédés anciens
Je suis photographe de portrait artistique, un artiste de la photographie fineart qui passe d'innombrables heures devant un écran à peaufiner chaque détail, à jouer avec les ombres et les lumières virtuelles, et à converser avec des IA plus souvent qu'avec des êtres humains (non, ne me jugez pas). Mon hobby consiste à capturer des expressions, des émotions, à créer des images qui racontent une histoire, le tout grâce à la technologie moderne.
Mais depuis près de deux ans, une pensée m'a frappé : dans ce monde numérique effréné où les images ne vivent que le temps d'un clic, ai-je perdu le contact avec la réalité tangible ? Mes œuvres sont-elles destinées à être simplement aimées puis oubliées dans le flux incessant des réseaux sociaux ?
Ce déclic m'est apparu lors de mon exposition à la galerie d'art de Liège, il y a bientôt deux ans. Pouvoir toucher les images, les voir vivre, dans le regard des autres. Mais, encore une fois, on était dans la recherche d'une perfection, moderne, au bit et byte près, plus souvent. Ingénieur de formation, j'ai également toujours aimé voir l'idée prendre forme, petit à petit. Se concrétiser devant mes yeux, avec une petite impression de magie. C'est ainsi que j'ai décidé de me lancer dans les procédés anciens de développement photographique, sous une forme de retour aux sources.
Avec des grands du milieu de la photo en tête et dans le regard... j'ai dû me rendre à l'évidence et commencer 'petit'. Le cyanotype est un des premiers procédés photographiques, simple, et abordable. Un peu d'histoire pour pimenter le tout : le cyanotype, ce procédé photographique à l'allure mystique de bleu profond, est bien plus qu'un simple outil artistique. L'histoire commence en 1842, avec Sir John Herschel, un scientifique britannique. Herschel, tout en explorant les propriétés des sels de fer, a accidentellement inventé le cyanotype. L'idée de base était simple : une solution de citrate d'ammonium ferrique et de ferricyanure de potassium réagit à la lumière UV pour produire un pigment bleu de Prusse.
C'est cependant Anna Atkins, une botaniste et pionnière de la photographie, qui a popularisé le cyanotype. En 1843, elle a publié "Photographs of British Algae: Cyanotype Impressions", un recueil d'images de plantes marines réalisées par cyanotype. Ce fut le premier livre photographique de l'histoire. Et voilà, nous avons non seulement une méthode cool pour créer des œuvres d'art, mais aussi une excuse pour mentionner des figures historiques impressionnantes lors de vos dîners mondains.
Pourquoi le cyanotype est idéal pour les débutants ? Il ne nécessite pas de chambre noire, ni d'équipements coûteux. Du papier, deux solutions chimiques et une source de lumière UV. Hors la préparation des négatifs numériques, qui demande calibration, technique, quelques essais et beaucoup d'erreurs, il ajoute le coté ludique et presque addictif de donner des résultats en quelques minutes (on parlait de magie 🙂 ). La plupart des étapes technique se retrouvent par après dans des procédés plus complexes.
Je vous emmène avec moi dans cette aventure de photographie artistique et fineart, remplie de réussites, de ratés, et d'une bonne dose d'autodérision. Accrochez-vous, ça va être un voyage intéressant ! Si vous êtes dans la région d'Eghezée, n'hésitez pas à me faire un signe :).
Mon premier résultat complet après quelques semaines d'essais et erreurs ressemble a ceci
Portrait numérique tiré au cyanotype sur papier aquarelle, teinté au tanin